EMMA B.

Inspirée du célèbre roman «Madame Bovary» de Gustave Flaubert, EMMA B. est une adaptation scénique de l’une des histoires les plus pathétiques de la littérature occidentale. 

Dans le huis clos de leur chambre, trois femmes incarnent la complexité de cette antihéroïne du 19e siècle, qui a valu à l’auteur un procès pour outrage aux mœurs. Elles sont à la recherche des événements qui ont renversé le cours de leur existence et les ont précipitées dans un abyme de désillusion, de perte de sens et d’idéalisme, en pensant pallier ce qui manquait à leur bonheur. Au final, la fiction sera la seule source de distraction qui leur restera encore pour s’émanciper de la banalité terne de leur quotidien.

Se pourrait-il que nos vies se résument à une insatiable course vers le bonheur ? Les modèles de perfection, à laquelle la société nous expose, nous poussent à essayer de nous conformer à des standards, inaccessibles pour la plupart. Du 19e siècle à aujourd’hui, plusieurs guides ont, entre autres, servi à modeler la condition féminine : dictats religieux, manuel de la parfaite ménagère, fils Instagram des gens riches et célèbres. Dans quelle alternative se réfugier, lorsque le réel ne correspond plus aux attentes ? Peut-être le déni ou la fuite…

Texte et mise en scène: Valery Drapeau
Interprétation: Juliandrée Bourque, Daphnée Côté-Hallé et Katrine Duhaime
Direction de production: Clémence Lavigne
Scénographie: Claire Renaud
Costumes: Manon Guiraud, assistée de Justine Bernier-Blanchette
Conception lumières: Nicola Dubois
Montage sonore: Vincent Roberge
Visuel: Daphnée Côté-Hallé 

Présenté du  30 août au 2 septembre 2017 au Salon Particulier

 

«Ainsi, c’est avec une certaine fébrilité que j’ai entamé la saison théâtrale 2017-2018 en assistant au spectacle Emma B., créé par Une (autre) compagnie de théâtre à partir de Madame Bovary de Gustave Flaubert. C’était à la fois de réjouissantes retrouvailles avec une héroïne tragique (ici campée par trois comédiennes) qui fait partie de mon musée psychique, et l’occasion de la voir sous un nouveau jour, d’enrichir la perception que j’avais de cette figure universelle du désœuvrement.»​

- Sophie Pouliot, Littérature et Scène, Revue JEU 166

 

C’est un beau travail d’écriture qu’a ici réalisé Valéry Drapeau, parvenant à résumer ce pilier de la littérature française en gardant les détails évocateurs sans en rendre les longueurs, faisant un tri soigné de cette prose foisonnante.(...) Surtout, elle maintient un équilibre au fil de la pièce entre l’humour (...) et la profonde détresse et le spleen implacable qui émanent d’une femme dépressive. (...) La pièce parle à chacun ; après tout, on est un peu tous Emma Bovary... (...)Un résultat qui laisse transparaître l’harmonie entre la chef d’orchestre et ses comédiennes de talent. Valéry Drapeau, un nom à retenir ; on devrait en entendre parler encore. »

- Marie Paris, Emma B.: S'approprier Flaubert,  Voir 2017

Un univers complètement surréaliste qui dépeint, toutefois, une réalité des plus authentiques. (...) Quelle belle façon de nous transporter dans l’évolution émotive d’une femme prisonnière de sa condition de vie obligée tout en faisant ressortir le caractère intemporel de cette situation (...) Ainsi, on se réjouit de voir une pièce dénon- cer un si lourd constat sans en refroidir le plaisir du spec- tateur par un ton moralisateur souvent plus dramatique. (...) En voilà, donc, une manière originale de prouver que l’équipe de production excelle dans l’art de montrer un contexte absurde dont l’illusion d’un rationnel plausible est surprenante! (...) Devant l’excellence de cette pièce, il est à souhaiter qu’Emma B puisse s’évader du Salon Particulier et avoir toute l’attention qu’elle mérite!

- Alexane Roy, MonTheatre, 2017

«On n’a pas le choix de se poser la question: suis-je aussi une Emma? Une Emma prise dans des cases xées par la société et qui cherche à fuir un quotidien imposé par une société stan-dardisée? Une Emma qui rêve du «vrai» bonheur, un idéal de vie inaccessible parce qu’illusoire?»

- Rachel Carrier, Yulorama.ca, 2017

«Il y a quelque chose d’intemporel dans le roman Madame Bovary, de Gustave Flaubert. Cette histoire d’une femme désirant plus que tout échapper à une vie ennuyante de province qui se retrouve, bien malgré elle, dans une existante tout aussi vide de sens que celle qu’elle voulait fuir. Voilà pourquoi l’oeuvre, reprise mercredi sous forme théâtrale sur le Plateau-Mont-Royal, donnait encore l’impression d’être au goût du jour. (...) Mi-drame, mi-pièce à l’humour parfois caustique, Emma B. reprend l’essentiel du texte de Flaubert, tout en l’adaptant pour la scène. Le contenu s’en trouve raccourci, for- cément, mais le talent des actrices et celui de l’auteure et de la metteure en scène, Valéry Drapeau, permet de compenser les subtilités qui se per- draient autrement dans la nasse. »

- Hugo Prévost, Pieuvre.ca, 2017

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